Jaime Eduardo Garzon Forero
- efparis
- 27 mai 2021
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Dernière mise à jour : 17 juin 2021
Jaime Eduardo Garzon Forero, né le 24 octobre 1960 à Bogotá, avocat, journaliste et humoriste colombien tué le 13 août 1999, alors qu’il se rendait à son travail, par deux hommes à moto, qui ont réussi à s’enfuir dans la capitale colombienne. Cet extraordinaire homme avait su utiliser son talent pour attirer l’attention de tous les Colombiens qui riaient avec lui de la tragédie nationale ainsi que celle des dirigeants dont il se moquait. L’humoriste était connu pour ses satires politiques mordantes diffusées à « Radionet » et à une émission d’informations d’une chaîne de télévision du réseau « Caracol ».
L'étudiant Jaime Garzon, plutôt gauchiste, avait commencé des études de sciences politiques et de droit à l'université nationale sans les terminer. Avant d'être journaliste, imitateur, et si populaire, Jaime Garzon avait commencé, en 1987, sa carrière au début de la campagne électorale d’Andrès Pastrana, conservateur, qui se présentait à l'époque à la mairie de Bogota. Ses traits humoristiques et ses imitations cinglantes d'hommes politiques l'avaient déjà rendu célèbre en privé.
Six ans plus tard, en 1993, Jaime Garzon passe à la télévision et lance avec deux autres journalistes « Zoociedad » (Zoociété), une des premières émissions qui avait comme but de se moquer de la société colombienne. Le succès est immédiat, la satire et l'humour politique deviennent le rendez-vous obligé de tous les Colombiens. Plus tard, en 1997, à raison du scandale narcopolitique du mandat d’Ernesto Samper, président de la république de la Colombie à l'époque, c'est « QUAC », c'était une parodie de journal télévisé, qui permet aux Colombiens chaque dimanche, de s'arrêter pendant quelques minutes en se moquant d'eux-mêmes et de leurs dirigeants.
Pendant les dix années suivantes, Jaime Garzón aura rassemblé un nombre inimaginable de personnes pour faire ses dénonciations par l'humour critique, un genre qui selon plusieurs, aurait été assassiné en même temps que lui. C’est vraiment incroyable l'impact des personnages de Garzón sur la société nationale, parmi lesquels on peut trouver Néstor Elí, Inti De La Hoz, John Lenin, William Garra, el Quemando Central, Dioselina, Tibaná, Heriberto De La Calle et tant d'autres, avec lesquels, la plupart des colombiens se sont senti identifiés et on trouvé un moyen de libérer leur frustration contre le pouvoir et les dirigeants corrompus de leur pays.
D’un autre côté, l'humoriste le plus célèbre de Colombie était connu pour son engagement en faveur de la paix. Il sera intervenu dans les rapprochements de paix de 1999 en étant médiateur entre le gouvernement et les FARC durant les libérations de prisonniers séquestrés et aura agi à plusieurs reprises comme médiateur entre l’Armée de libération nationale (ELN – Ejército de Liberacion Nacional) et le gouvernement colombien. Certains spéculent que les autodéfenses unies de la Colombie ( AUC – Autodefensas Unidas de Colombia) groupe paramilitaire de droite qui fait la lutte à la guérilla de gauche, FARC ont brutalement assassiné ce courageux journaliste. Les groupes paramilitairesne dissimulaient pas leur intention de le supprimer. Il recevait fréquemment des menaces de Carlos Castaño, chef des AUC même si aujourd'hui il tente de se disculper.
La Colombie se souvient de Jaime Garzón Forero. Celui-ci même qui dota son pays d’une pensée critique grâce à des conférences et à différents personnages. Il a été assassiné le matin du 13 août 1999, il y a 22 ans exactement, pour avoir dénoncé des irrégularités dans la politique colombienne, qui a fait taire son droit à la liberté d’expression. Ce meurtre reste impuni et la majorité des Colombiens exige que justice soit rendue.
Maria Angelica
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